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Sage-Femme

Attention, ce texte d'origine avait été rédigé en 1998-1999; normalement il n'y a plus de coquilles genre "choisissez une sage-femme qui a un mobile".... (ils étaient plutôt rares à cette époque-là......)

De plus, le matériel s'est multiplié, et le nombre de grossesses multiples s'est multiplié, donc les choses ont changé dans le bon sens.

La grossesse gémellaire, et/ou multiple, est une grossesse à risques, c'est une grossesse très médicalisée qui va à un moment, nécessiter une surveillance accrue. Un suivi à domicile par une sage-femme peut éviter une hospitalisation, ou au moins, la repousser.

La grossesse gémellaire, et/ou multiple, est une grossesse à risques, c'est une grossesse très médicalisée. Est-elle surmédicalisée, c'est là un autre sujet.

La future maman de deux enfants, ou plus
  • voit planer sur elle l'ombre de l'hospitalisation. Or l'hospitalisation n'est pas évidente à vivre:
  • la future mère se trouve en chambre, isolée des siens (famille, amis, ses enfants ainés aussi), le moral n'est pas toujours au beau fixe, et quand bien même on a une véritable passion pour la lecture, un tel alitement forcé risque de dégoûter des livres pour pas mal de temps (idem j'imagine pour le tricot, la broderie etc.).
  • Séparée de son milieu, de son "cocon", alors que justement, elle aimerait bien finaliser les derniers détails pour l'arrivée des bébés, la future mère s'inquiète de ce que la frise n'était pas collée à son départ pour l'hôpital, de ce que le trousseau n'est pas finalisé (si seulement les vêtements d'automne étaient en vente dès juin). Et le papa, va-t-il assumer, va-t-il assurer sans elle?
  • La future maman se retrouve esseulée, seule, coupée de toute information "réelle" dans le sens qu'elle peut penser qu'on lui cache quelques chose; la maison n'est pas prête, et les bébés vont bientôt arriver!

Cette séparation est déprimante car elle est frustrante.

Le futur papa, son compagnon, ou la future co-maman, sa compagne
  • n'a d'autre solution que de faire beaucoup de route, pour aller la voir tous les jours, cela coûte cher en temps, en carburant, en santé, car d'incessantes allées et venues touchent au capital santé du futur papa. Souvent d'ailleurs, la naissance est suivie d'une maladie souvent bénigne, parfois plus grave, chez le papa: fatigue, souci ont abaissé le système immunitaire, et le corps lutte moins efficacement au premier virus qui passait par là. Sans compter qu'au règne des plats surgelés, une petite bedaine naissante n'est pas loin de poindre à l'horizon.....
  • Le futur papa doit tout supporter sur ses épaules. Il reçoit aussi les appels téléphoniques qu'on n'adresse pas à la future maman "mais enfin, combien de temps?" "mais enfin, ça va aller?" "mais enfin, tu vas la voir?"
  • Il assume peut-être aussi les derniers préparatifs.
L'hospitalisation, elle, coûte très cher

à la société, et une maternité ne dispose pas non plus d'un nombre de lits extensibles. Priorité donc aux cas extrêmes, aux urgences médicales, et à l'éloignement. De plus, il arrive un moment, même quand la grossesse se déroule parfaitement, où le gynécologue souhaite une surveillance accrue, mais qui n'occasionne pas de transport (route).

Dans ce dernier cas donc, et quand une grossesse doit être surveillée de près, mais qu'elle ne nécessite pas d'intervention permanente, une surveillance hebdomadaire (par exemple) peut être mise en place: votre gynécologue vous confie entre les mains d'une sage-femme; oui, mais cette sage-femme, c'est souvent à vous de la choisir, car on n'habite pas toujours (loin s'en faut) près de la maternité qui nous accueillera le "grand jour".

Choix de la sage-femme: quelques critères personnels mais bien pensés:

  • Choisissez une sage-femme qui ait l'habitude des suivis gemellaires (quand il y en a pour deux, il y en a pour trois), et qui dispose d'un appareil de monitorage. Toutes les sage-femmes n'en sont peut-être pas dotées.
  • Elle doit se montrer disponible (accepter d'intervenir sans délai, nuit, week-end....) et habiter près de votre domicile (afin de pouvoir intervenir très rapidement).
  • Les mobiles, tout le monde en a, mais rappelons des super moyens de communication
  • Quelles sont ses dates de vacances? Sa remplaçante sera-t-elle disponible et compétente? Il ne suffit pas d'avoir une remplaçante, encore faut-il que cette dernière accepte d'inclure votre suivi; il est normal qu'une remplaçante privilégie ses propres patientes, mais une future maman accepte mal de voir privilégier une préparation à l'accouchement alors qu'elle a besoin d'un monitorage dans la journée.

Ma démarche a été en deux temps: mais bon, ça date de 1997

  • Chercher plusieurs sages-femmes: je vous conseille carrément les Pages Jaunes, rubrique Sages-Femmes. J'avais appelé mais sans succès la Sécurité Sociale, ma mairie, et j'avais vite fini par comprendre qu'on n'est jamais si bien servi que par soi-même et que parfois, il faut "faire simple". Donc Pages Jaunes, puis j'ai regardé la proximité.
  • Quelles villes proches de la mienne étaient honorées? Mon premier choix établi, une ville proche de 4 kilomètres, j'appelle, tombe sur un répondeur. La personne me rappelle dans les deux heures qui suivent mon appel; elle assiste à un congrès de sage-femme dans le Sud-Est de la France.
  • Ce premier entretien téléphonique a été assez positif avec un bon relationnel (voix douce entre autres), mais surtout: un téléphone cellulaire, un répondeur téléphonique. Non, elle ne "fait" pas d'haptonomie (méthode de préparation à la l'accouchement qui me plaisait fort), mais elle "fait" du yoga. Elle insiste elle-même sur le fait qu'elle a un appareil de monitorage, et de préciser: une disponibilité immédiate (5 km nous séparent) nuit comme jour... Nous décidons que je la rappelle, pour lui demander [éventuellement, selon mon choix], un premier rendez-vous.

Les critères définis au téléphone sont assez décisifs, à mes yeux, aux yeux du futur papa. Et donc très rapidement la première visite a lieu, à son cabinet; cela s'est déroulé de façon très positive: le cabinet est plaisant, une bonne atmosphère, des coussins, dans un coin un peu plus isolé, une table et des appareils d'examens, un bassin et une poupée faisant office de "futur nouveau-né" pour des démonstrations, partout sur les murs des posters anatomiques...

Du fait qu'il y ait eu, en plus de tout ce qui précède, un bon feeling (très important), je suis restée sur ce choix là et je ne l'ai pas regretté.


Ce n'est pas elle qui m'a accouchée, sachez que ce ne sera vraisemblablement pas votre sage-femme qui vous suit à domicile qui vous accouchera, (selon l'hôpital auquel elle est rattachée). Vous serez pleine d'interrogations quant à la salle de naissance, au personnel de la maternité, essayez de poser des questions au personnel, lors d'une de vos visites mensuelles, ne soyez ni déçus ni anxieux si vous n'obtenez pas de réponses. Les salles de naissance sont en milieu protégé, et vous ne les visiterez peut-être pas, par souci d'hygiène, justement. Mais n'est-ce pas un critère rassurant? Et bien sûr, un certain nombre d'entre vous serez soutenue, accompagnée, accouchée par la sage-femme qui vous a suivie, dans un environnement bien connu;

Françoise Coudray