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Entre nous - Edito

Maternités, convivialité? Communiqué 3: La marche du siècle et Télé 7 jours.....

Avertissement: si nous sommes dans le respect total du projet d'allaitement de chaque maman, et si nous préférons et de loin, focaliser notre temps et notre énergie à aider les mères dans leur projet, et non à forcer à ce que toutes les mamans allaitent et longtemps, il y a parfois matière à pousser un "coup de gueule"; alors pardonnez-moi:-) vous verrez d'ailleurs que l'industrie infantile lorsqu'elle est évoquée, se fait épingler également en ce qui concerne l'alimentation au lait infantile.....

Ce coup de gueule est très ancien, à replacer dans son contexte.

Il date de ...... 1999! Et quand même beaucoup de choses ont évolué, beaucoup de choses se sont améliorées, même si le nombre de maternités labellisées Hôpital Ami des Bébés n'a pas tant augmenté que cela; Cet article est ancien; des choses ont évolué en bien; et pourtant, en 2017, si vous lisez les réseaux sociaux, il ne s'agit que de "violences obstétricales", de césariennes trop promptes, d'épisiotomies trop systématiques..... on a bien diminué l'aspiration gastrique, on fait du peau à peau, mais on reste avec une séparation mère-enfant pendant l'examen pédiatrique (obligatoire certes);

Maternités, convivialité? - Communiqué - 3 - La marche du siècle et Télé 7 jours..

Accoucher en France, ne peut se faire que sous haute technicité, le droit au risque zéro s'accompagne dans notre pays d'une élimination de la relation psychoaffective et de la connaissance mère-enfant; pourtant en Norvège, en Angleterre, on concilie les deux!

En France, quand la mère est auréolée d'hormones de l'amour, du psycho-affectif, on lui "pique son gosse", et au moment où l'enfant aurait besoin d'être rassuré, câliné par sa mère, on le passe de mains en mains, on le colonise de germes non familiaux....

Jeudi 04 novembre 1999-La marche du siècle permet un débat, entre autres sur la nouvelle organisation des maternités; nombre d'établissements ont dû fermer, n'étant plus aux normes de sécurité. Pourquoi n'a-t-on pas voté le budget pour les mettre aux normes, et ainsi désengorger les centres nouvellement réorganisés, qui deviennent des monstres d'accouchements, où l'on a oublié que l'accouchement était au départ un acte naturel, où on ne sait plus accoucher autrement que par voie/voix médicale?

Maternités, convivialité.

Mais un terme a été occulté dans l'organisation régionale des maternités: l'humanisation. Peut-on se dire convivial quand, dans le cadre de fermetures de maternités, entraînant un nombre énorme de gestes dans les moyens et grands centres, l'accouchement consiste désormais dans de nombreux cas, dans le cadre d'un accouchement "normal" à terme et sans risque ni pour la mère ni pour l'enfant:

  • à un monitorage dès l'entrée en salle de naissance (empêchant la mère de déambuler, d'adopter des positions confortables),
  • à l'emploi dès le départ d'ocytociques, (se révélant inutiles dans la plupart des cas),
  • et à la rupture d'office des membranes;

Non content de faire accoucher rapidement et sans plus aucune participation maternelle, on sépare l'enfant à peine né de sa mère; l'enfant subit un sondage gastrique invasif, parfois douloureux (alors que ce contenu gastrique se révèle être une réserve contre l'hypoglycémie), il reçoit un collyre au moment où il "s'éveille" pour mieux connaître sa mère (pour autant qu'il n'en soit pas trop éloigné). Il subit un examen médical. Tous ces gestes se font dans la rapidité, et même pas sur le corps de la mère.

Tous ces gestes sur la mère et sur l'enfant modifient le rythme de l'enfant, sur plusieurs jours parfois, aussi bien la rupture de membranes, les ocytocyques, que les gestes précoces sur l'enfant. On remarque également que ce rythme perturbé, entraîne des conséquences sur la mise en place de la lactation, pour la maman qui veut allaiter. L'enfant ayant son rythme perturbé, ne va pas au sein quand il en aurait besoin, ne tétant ni ne stimulant pas alors qu'il le voudrait.

Il ne s'agit pas de vivre l'accouchement volontairement dans la douleur, ni de refuser toute médication, mais de vivre un geste naturel en y participant activement, en faisant en sorte que les gestes "devenus nécessaires par obligation", se fassent de manière moins invasive, plus discrète, soient réservés aux accouchements "à risque". Le respect de la mère et de son enfant devraient faire partie de la "convivialité" des maternités réorganisées, ou de la mise en place, toujours dans le cadre de l'accouchement "sans risque", de maisons de naissances style Québécois, ou d'un retour aux accouchements à domicile avec une sage-femme.

Françoise Coudray
Présidente de ADJ+ (Allaitement Des Jumeaux et Plus)


Pour en savoir plus...

Séparation charnelle

Elle commence dès lors qu'on vous retire le bébé de votre corps pour lui faire subir son apgar. L'enfant nait, se trouve posé contre votre odeur, votre chaleur, et à peine commence-t-il à goûter votre corps de l'extérieur, à peine goûtez-vous sa saveur babiale, qu'on vous l'ôte.

Bébé sein ou bébé biberon, cette séparation va totalement à l'encontre d'un relationnel charnel favorisant dès le départ les relations, l'instinct maternel, et le réflexe de fouissement du bébé.

Ne parlons pas de l'accouchement des jumeaux ou plus, quand la première équipe pédiatrique vous reprend le premier né parce que la deuxième équipe "va chercher" le deuxième (ou second) ou parce que le deuxième (ou le second) arrive de lui-même.

A noter, la reprise des contractions suit d'une vingtaine de minutes la naissance du premier-né. On peut donc en déduire sans trop se tromper que l'équipe va chercher le deuxième (ou second), et non pas qu'il arrive de lui-même.

A noter également,qu'on occulte totalement les bras paternels, qui ne semblent pas "pouvoir" accueillir le premier-né.

Bébé-sein, un premier long contact charnel permet à l'enfant de réaliser son réflexe de fouissement, de "grimper" le long du corps maternel pour atteindre enfin le sein salvateur, le sein nourricier (cette étape a puisé dans les petites réserves d'énergie babiale), le sein réconfort enfin.

Bébé-biberon, le câlin corporel prolongé ne doit pas être négligé pour autant car c'est, enfin, le premier contact.


Il a été remarqué, entre des enfants non séparés de leur mère, et des enfants séparés de leur mère, une différence de comportement (chez l'enfant ET chez la mère), et de rythmes dans les phases d'éveil/endormissement (chez l'enfant), et dans les phases de tétées.

Bébé sein, garder son enfant avec soi augmente les chances de la mère de réussir son allaitement, de mettre en place sa lactation de façon optimale;

Bébé-biberon, le maternage de la mère, mais aussi son instinct maternel, son attitude, son acceptation de son enfant, seront d'autant plus forts que le contact originel aura été préservé.


On est donc en droit de se demander :

cet acte de séparation mère/enfant, au nom de la prévention médicale,

  • Doit-il être effectué aussi rapidement? Le comportement de l'enfant ne peut-il être regardé de loin pendant ce long câlin ?
  • Ne peut-il être retardé au profit d'un câlin maternel, au sein ou non ?
  • Ne peut-il être préparé in utero via écho, doppler, etc.
  • Pourquoi certains pays mettent-ils en place des "maisons de naissance", lieu où la relation mère/enfant est privilégiée, où le contact charnel originel est respecté, allaitement ou non? par exemple au Québec? et pourquoi pas en France?

Le saviez-vous ?

Il a été remarqué en salle de naissance que le premier contact peau contre peau développait les futurs relationnels, le contact maternel et l'instinct de mère allaitante: même si la mère refusait l'allaitement de prime abord, sa peau contre la peau du bébé, il arrive parfois que la jeune accouchée qui caline son nouveau-né soit soulevée d'une envie inexplicable, elle prend son enfant et l'attire d'elle-même au sein. Ce sera à elle et à son enfant de finalement choisir... par instinct, du plus profond d'elle-même.


Je crois que ce premier geste devrait non pas être encouragé mais FAVORISE en laissant intact ce premier long calin. Ainsi, la femme qui hésite aurait une opportunité de choisir par son instinct.

Faut-il accoucher à domicile, alors ?

Ce n'est pas mon propos, ni mon encouragement à le faire absolument (on en reparlera plus tard);

la médicalisation a pour but de vérifier si l'enfant ne présente aucune pathologie ni détresse - l'apgar n'est pas le seul examen effectué c'est une vraie petite visite médicale qui est faite.

Mais: des actions à titre personnel s'impose: notre volonté doit pouvoir s'imposer aux maternités.


Comment agir?

  • Ne peut-on remettre en place plus d'unités d'accouchement ? Nombre de maternités ont fermé leurs portes car elles n'étaient plus aux normes de sécurité mais a-t-on pensé à éviter le désormais engorgement des grosses unités en mettant aux normes ces unités désormais fermées. De plus, ces grosses unités sont conformes, certes, mais il y a trop de lits, pas assez de personnel...
  • Ne peut-on mettre en place des unités mobiles à l'instar de la Hollande, champion européen de l'accouchement à domicile, avec ces unités mobiles prêtes aux moindres besoins ?
  • Pourquoi ne parle-t-on pas tellement de ces accouchements à domicile qui ne sont pas vécus seuls puisqu'une sage-femme vous accompagne tout au long du travail et de la délivrance chez vous avec le papa et dispose d'un matériel d'urgence pour le cas où?
  • Les futurs parents doivent intervenir, en demandant au gynécologue de prendre note de leurs désirs de prolonger ce premier contact -hors détresse médicale-, et transmettre ces informations au personnel qui accouchera: le plan de naissance, et le cas échéant, le plan d'allaitement-plus particulièrement les deux premières heures qui suivent la naissance du bébé. C'est à suivre....

Conclusion 1:

Aucune vraie solution (pour le moment) juste des propositions, l'encouragement aux mères à demander à garder leurs bébés contre leur eau plus longtemps (hors détrese respiratoire avérée par exemple) et la prière aux équipes intervenant de rester humaines et de laisser un peu plus longtemps leur(s) bébé(s) dans les bras des jeunes accouchées.

A suivre-des démarches pour un accouchement "naturel"

A noter qu'un décret fut annoncé, pour un monitoring continu durant l'accouchement; donc les promesses d'accoucher de façon naturelle en maternité: dans la position qu'on veut, possibilité de déambuler (etc...) devient CADUQUE, si on est monitoré du début jusqu'à la fin....

Michel Odent: l'amour scientifié

aux éditions Jouvence vous sera bientot présenté dans l'espace association-biblio - les mécanismes de l'amour démontrés scientifiquement, s'il fallait le prouver que l'atmosphère autour de la naissance est importante pour le lien mère-enfant, c'est fait!

Je voudrais ajouter quand même qu'il y a des professionnels de la santé qui se mobilisent en faveur de l'allaitement maternel, et de l'accouchement à l'écoute de la mère et de l'enfant; pédiatres, généralistes, puéricultrices......... ils ne sont pas légion hélas, mais ils existent, forment des associations, pour aider la mère qui le souhaite, à vivre son accouchement et son allaitement harmonieusement;

Cet édito est ancien, il illustrait le malaise, le mal-être des mères en quête d'humanité autour de leur accouchement et autour de l'accueil du nouveau-né.

Aujourd'hui il y a encore bien peu de maternités labellisées Hôpital Ami des Bébés, mais il y a de plus en plus de maternités qui se posent des questions sur la nécessité d'une bienveillance de la maman et une bien-traitance du nourrisson.

Hélas, on continue encore de supplémenter à tour de bras.... et on continue de séparer mères et enfants au grand moment où leur climat émotionnel et hormonal est maximum justement pour favoriser l'attachement mère-enfant;

On parle "violences obstétricales", en 2017; les réseaux sociaux existent quand même depuis plusieurs années, ce thème vient d'apparaître sur les réseaux, alors qu'elles ont toujours existé.

Bref, une large partie de cet édito est encore valable; les choses ont changé, mais pas tout, ni partout....